Le Zimbabwe adopte son premier cadre réglementaire sur les cryptomonnaies

BITmarkets Team

Jun 18, 2026

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ZIMBABWE
La Cellule de renseignement financier (CRF) du Zimbabwe a franchi une étape importante dans la réglementation du secteur des actifs numériques du pays en publiant, le 16 juin 2026, une directive contraignante. Cette directive impose à tous les prestataires de services d’actifs virtuels (VASP) de s’enregistrer conformément à l’instrument statutaire n° 99 de 2026, le premier cadre réglementaire du Zimbabwe dédié aux cryptomonnaies.

Ces règles sont entrées en vigueur immédiatement et prévoient des sanctions pénales pour les entités qui ne s’y conforment pas. Cette mesure officialise un secteur qui évoluait en grande partie dans une zone grise réglementaire depuis près de huit ans. Au cours de cette période, de nombreux Zimbabwéens se sont tournés vers les cryptomonnaies pour se protéger contre l’hyperinflation et les effondrements répétés des monnaies locales, cherchant souvent à accéder à des alternatives libellées en dollars.

Si le cadre réglementaire offre une voie pour la surveillance, il a également relancé un débat plus large sur la question de savoir si le Zimbabwe pourrait à terme envisager d’intégrer le Bitcoin dans sa stratégie monétaire nationale.

De nouvelles règles définissent qui doit s’enregistrer

Le cadre réglementaire trouve son origine dans les modifications juridiques introduites par la loi de finances n° 7 de 2025, qui a amendé la loi zimbabwéenne sur le blanchiment d’argent et les produits du crime en incluant les prestataires de services d’actifs virtuels dans la définition des institutions financières réglementées.

Fort de ces pouvoirs élargis, le ministère des Finances a publié, le 10 juin 2026, le règlement relatif au blanchiment d’argent et aux produits du crime (enregistrement des prestataires de services d’actifs virtuels). Ces règles ont été officiellement codifiées sous le nom d’instrument réglementaire n° 99, tandis que la Cellule de renseignement financier (CRF) a publié sa directive d’application six jours plus tard.

Le règlement s’applique de manière générale aux entreprises exerçant des activités liées aux cryptomonnaies, notamment les plateformes d’échange de monnaies fiduciaires contre des cryptomonnaies, les prestataires de services de conservation et les sociétés facilitant les transactions d’actifs numériques. Il est important de noter que la CRF a précisé que les opérations décentralisées ne sont pas automatiquement exemptées. Les organisations capables de modifier des contrats intelligents, d’acheminer des transactions ou de fixer des frais peuvent toujours être classées comme prestataires de services d’actifs virtuels (VASP) et être soumises à l’obligation d’enregistrement.

Pour se conformer à ces dispositions, les entreprises doivent créer une entité constituée localement, se soumettre à des vérifications des antécédents de leurs dirigeants, mettre en œuvre des procédures « Know Your Customer » (KYC), assurer la surveillance des transactions et respecter les normes de la « Travel Rule » du Groupe d’action financière (GAFI). Les frais d’enregistrement comprennent une redevance unique de 500 dollars et des frais de renouvellement annuels de 400 dollars.

Une surveillance réglementaire distincte de l’octroi de licences commerciales

La FIU a également souligné que l’enregistrement à lui seul ne confère pas l’autorisation d’exercer une activité commerciale au Zimbabwe. « L’enregistrement auprès de la FIU à des fins de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (AML/CFT) ne constitue pas, en soi, une autorisation d’exercer une activité commerciale au Zimbabwe », précise l’avis public. Les entreprises doivent toujours obtenir des licences d’exploitation distinctes auprès de la Banque centrale du Zimbabwe (RBZ) ou de la Commission des valeurs mobilières du Zimbabwe, en fonction de la nature de leurs activités.

Ce système à deux niveaux sépare la surveillance en matière de lutte contre le blanchiment d’argent des exigences relatives aux licences commerciales, reflétant une structure couramment utilisée dans les juridictions qui suivent les recommandations du GAFI. En adoptant cette approche, le Zimbabwe aligne son cadre réglementaire en matière de cryptomonnaies sur les normes internationalement reconnues.

Un changement majeur par rapport à la position antérieure du Zimbabwe sur les cryptomonnaies

Ce nouveau cadre représente un changement notable par rapport à l’approche antérieure du pays en matière d’actifs numériques. En 2018, la Banque centrale du Zimbabwe avait publié la circulaire n° 2/2018, enjoignant aux banques de mettre fin à leurs relations avec les plateformes d’échange de cryptomonnaies et de cesser de fournir les services associés dans un délai de 60 jours. Bien que la plateforme d’échange locale Golix ait contesté avec succès cette directive et obtenu une ordonnance judiciaire provisoire suspendant son application à l’entreprise, une incertitude générale concernant la réglementation des cryptomonnaies a persisté pendant des années.

L’instrument réglementaire n° 99 met effectivement fin à cette ambiguïté prolongée en remplaçant une politique d’exclusion par un cadre réglementé et supervisé. Ce changement reflète la prise de conscience croissante du fait que l’instabilité économique, l’inflation et les difficultés monétaires avaient déjà favorisé une adoption généralisée des cryptomonnaies, malgré l’absence de réglementation officielle.

La mise en place de ce cadre témoigne de l’intention du Zimbabwe d’intégrer les actifs numériques dans son système financier tout en assurant une surveillance et le respect des normes réglementaires internationales.

Sources :

https://finance.yahoo.com/markets/crypto/articles/bitcoin-news-zimbabwe-just-regulated-115000264.html

https://grafa.com/en/news/crypto/zimbabwe-orders-crypto-firms-to-register

Balises: Crypto News Regulation
Last Updated: Jul 06, 2026