BITmarkets Team
Dec 08, 2025
La Commission a récemment présenté un paquet de réformes qui donnerait à l'AEMF une autorité de surveillance directe sur les marchés - y compris les fournisseurs de services de crypto-actifs (CASP), les plateformes de négociation et les contreparties centrales.
Les critiques soutiennent que cela marque un changement fondamental dans la philosophie de la surveillance de l'UE. L'AEMF ne se contenterait pas de superviser, mais délivrerait également des licences aux crypto firms et aux entreprises fintech européennes.
"Je suis particulièrement préoccupée par le fait que la proposition donne à l'AEMF la responsabilité à la fois de l'autorisation et de la supervision des CASP, et pas seulement de la supervision", déclare Faustine Fleuret, responsable des affaires publiques du protocole de prêt décentralisé Morpho.
La centralisation de la prise de décision, prévient-elle, pourrait ralentir les processus, allonger les délais d'attente et décourager les petits projets technologiques qui se débattent déjà dans des exigences réglementaires complexes.
Bruxelles affirme que la réforme vise à unifier les approches nationales fragmentées et à renforcer le marché européen des capitaux afin qu'il puisse mieux rivaliser avec les États-Unis.
Les sceptiques préviennent toutefois que la centralisation sans processus bien conçus pourrait avoir l'effet inverse.
Elisenda Fabrega, avocate générale de la plateforme de tokenisation Brickken, note que l'impact réel dépendra de la capacité de l'AEMF à mettre en œuvre la réforme dans la pratique. La capacité, l'indépendance et une coopération efficace avec les États membres seront essentielles.
La proposition n'est pas définitive et doit encore être négociée au Parlement européen et au Conseil de l'UE.
La réforme fait partie d'une stratégie plus large visant à renforcer les marchés de capitaux de l'UE et à créer des conditions capables de rivaliser avec l'écosystème financier américain. Selon Visual Capitalist, le marché boursier américain vaut environ 62 000 milliards de dollars, soit près de la moitié du marché mondial des actions. L'Union européenne, avec environ 11 000 milliards de dollars, ne représente que 9 % du total mondial.
C'est pourquoi l'UE cherche des outils pour concentrer les capitaux, rationaliser les processus et attirer les investisseurs mondiaux. La centralisation de l'octroi de licences sous l'égide de l'AEMF est l'un de ces outils - bien qu'elle puisse se faire au prix d'un ralentissement du développement de la crypto et de la fintech.
La proposition attend maintenant une prise de décision politique. Si elle est approuvée, elle marquera le changement le plus important vers un marché des capitaux unifié de l'UE depuis des décennies. Mais elle risque également de placer de nouveaux obstacles réglementaires sur le chemin de l'innovation - des projets crypto aux startups fintech.
Le résultat façonnera non seulement l'avenir de l'écosystème crypto européen, mais aussi l'ambition plus large de l'UE de devenir un centre mondial de la finance numérique.
Sources:
https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip_25_2893
https://cointelegraph.com/news/european-sec-proposal-licensing-concerns